Seuls 39 % des salariés de l’Hexagone ne veulent pas bouger professionnellement, indique un sondage TNS Sofres pour le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE). La mobilité subie touche plus les peu qualifiés et les ouvriers ; un enjeu pour la sécurisation des parcours professionnels. Les échos

32 % des salariés interrogés sont passés par la case chômage avant leur poste actuel.

46% des salariés ont été mobiles sur les cinq dernières années.

Le marché du travail français n’est pas binaire. Le sondage (*) réalisé par TNS Sofres pour le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), qui sera présenté lors du colloque qu’il organise demain en partenariat avec « Les Echos » sur la mobilité des salariés, tord le cou à une idée reçue : celle selon laquelle coexistent dans l’Hexagone une population largement majoritaire en CDI tout à fait sédentaire et une frange très mobile de personnes abonnées aux CDD et à l’intérim.

Il met plutôt en évidence quatre catégories :

  • les « hypermobiles » (31 %) ont connu au moins une mobilité professionnelle dans les cinq dernières années et souhaitent en vivre une autre dans les deux ans ;
  • les « impatients » (30 %) n’ont pu bouger mais espèrent le faire ;
  • les « installés » (15 %) ont bougé au moins une fois et ne souhaitent pas le faire de nouveau dans les deux ans ;
  • les « non-mobiles » (24 %) n’ont pas vécu et ne souhaitent pas vivre de mobilité.

La mobilité recouvre de nombreuses situations : sur les cinq dernières années, 46 % des salariés interrogés ont donc changé soit d’entreprise, soit de fonction, soit de service ou de département au sein d’un même établissement ou encore d’établissement au sein d’une même entreprise. Cela recouvre aussi un changement de métier, une promotion ou… un passage par le chômage (32 % des salariés sont passés par la case chômage avant leur poste actuel).

Dans un cas sur deux, il y a eu changement de métier ; dans un cas sur deux, hors chômage, il y a eu changement d’entreprise et, dans 15 % des cas, déménagement avec souvent changement de région, indique le sondage.

Fait notable, la moitié des personnes ayant été mobiles déclarent l’avoir fait par choix et près de 30 % disent avoir répondu positivement à une proposition. Il reste tout de même 20 % des salariés qui ont subi un changement professionnel dans les cinq derniers années.

Situation de faiblesse.

En ces temps de crise, l’analyse détaillée du sondage vient conforter l’intérêt d’une sécurisation des parcours professionnels, car il confirme que certaines populations sont plus en situation de faiblesse que d’autres vis-à-vis de la mobilité. Et ce sont celles qui auraient le plus à gagner à la construction de nouvelles garanties. Ainsi, l’enquête montre que la dernière mobilité des salariés plus âgés a été beaucoup plus souvent contrainte. En outre, 20 % des « niveau BEPC et moins » ont connu une mobilité contrainte dans les cinq dernières années, contre 13 % en moyenne.

La surprise vient, sur ce plan, des diplômés de l’enseignement supérieur, qui sont aussi plus contraints que la moyenne (15 %). Les ouvriers subissent eux aussi davantage la mobilité que la moyenne ; ils sont suivis de près par les professions intermédiaires (16 % et 15 %), quand les cadres et les employés sont moins touchés (12 % et 8 %).

 

Mobilité professionnelle, les Français moins statiques qu’on ne le pense
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